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NRW-May13-2012

Une quatrième victoire électorale pour le parti pirate allemand

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Allemagne

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Aujourd’hui, la Rhénanie du Nord-Westphalie est allée aux urnes. Cette élection est toujours scrutée avec attention en Allemagne, puisqu’avec 16 millions d’habitants, c’est le pays le plus peuplé. Comme prévu, le Parti Pirate entre au parlement régional, pour sa quatrième victoire consécutive.

Après Berlin (8,9%), la Sarre (7,4%) et le Schleswig-Holstein (8,2%), le temps est venue pour la Rhénanie du Nord-Westphalie d’être la nouvelle conquête du Piratenpartei. Selon les sondages de sortie des urnes, 7,5% sont attendus, soit 18 sièges dans l’assemblée régionale. Les chiffres seront corrigés plus tard dans la soirée, mais la tendance est de toute façon certaine, les ajustements dépassant rarement le point.

La question la plus immédiate était de savoir si l’affaiblissement du partenaire de la coalition Merkel, le parti libéral FDP, allait causer sa sortie du gouvernement et la chute de celui-ci. Le FDP est pour l’instant prévu à 8,5% et reste donc dans le parlement régional, comme ils sont restés en Schleswig-Holstein.

Le prochain État fédéral à voter la Basse-Saxe, ou Niedersachsen, puis ce sera le tour de l’Allemagne entière lors des élections fédérales pendant l’été 2013. L’Allemagne est une fédération de 16 États fédéraux qui font le plus souvent la taille d’autres États européens.

Une seconde question que tout le monde se pose : pourquoi est-ce que seule l’Allemagne, parmi tous les pays européens, a eu tant de succès avec son parti pirate ? Je peux voir cinq raisons.

La première est que le Piratenpartei a toujours été un projet de long terme. Tandis que la plupart des partis pirates se sont construits comme n’importe quel projet sur Internet « Nous allons bientôt changer le monde, venez le prochain week-end », les allemands savaient que ce projet pouvait durer et ont rapidement investi dans l’organisationnel.

La seconde raison est l’habileté à surfer sur les thèmes à la mode. Alors que les Suédois du Piratpartiet ont fait leur percée dans le Parlement Européen, et était dans tous les médias autour du monde, les Allemands du Piratenpartei en ont profité pour attraper la balle au bond quand une ministre appelée Ursula a voulu créer une loi sur la censure d’Internet. Les T-Shirts « Zensursula » se sont multipliés comme des petits pains. Le gouvernement n’a pas gagné la bataille médiatique, et le parti pirate gagnait des membres en même temps que le gouvernement reculait. Je dirais que c’est à ce moment que la masse critique pour commencer à pouvoir viser large fut atteinte.

La troisième raison est le subventionnement des partis fédéraux. Ayant gagné en 2009 1% aux élections européennes, et 2% dans les élections fédérales, le Piratenpartei a pu recevoir d’importantes subventions gouvernementales, destinées à tous ceux dépassant 0,5% dans des élections. Cela a permis aux pirates allemands de s’acheter l’apparence d’un parti établi, leurs posters et bannières sont sur des panneaux publicitaires, de même que sur les lampadaires et autres panneaux associatifs. Mais avant tout, ça a l’air professionnel, tout en utilisant de nouveaux slogans. Ça a l’air éligible, ce qui compte avant tout.

La quatrième raison est que le Piratenpartei a lancé tôt ses débats programmatiques. En Suède, nous avons appris par l’échec en 2010 que personne n’élirait au parlement national un parti trop sectoriel. Le parlement européen, passe encore, mais pas le Suédois. Alors que nous étions occupés à parcourir les rues, les pirates berlinois réfléchissaient à l’élargissement et à l’adaptation au contexte local de leur programme. Ce qui a été récompensé de 15 sièges au parlement régional…

La cinquième raison est la percée de Berlin. À y réfléchir, Berlin était l’endroit idéal. Cette ville mélangée, où se retrouvent l’Europe de l’Est méfiante de l’État et les progressistes d’Europe de l’Ouest, et où la culture même de la ville est de regarder vers l’avant, c’était évident que ça allait marcher. Et ce faisant, ça a changé le jeu. Les retombées médiatiques ont été telles que même en Sarre, Land conservateur et industriel, les Piraten ont pu entrer au Parlement. Les 8,9% de Berlin étaient la percée décisive, et nous voilà à 7,5% en Rhénanie du Nord-Westphalie.

Des commentaires ? Des oublis évidents dans l’analyse ?

Cet article a été traduit en français par Paul Neitse.

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About The Author: Rick Falkvinge

Rick is the founder of the first Pirate Party and is a political evangelist, traveling around Europe and the world to talk and write about ideas of a sensible information policy. He has a tech entrepreneur background and loves whisky.

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